Des grenouilles et des hommes…

Grenouille verte - Crédit photo : Thomas Chereyzy
Grenouille verte – Crédit photo : Thomas Chereyzy

Initiée en 1995 par le réseau des Conservatoires d’espaces naturels, l’opération Fréquence grenouille permet de sensibiliser petits et grands à la nécessité de préserver les zones humides. Co-organisée depuis 2008 avec Réserves naturelles de France, l’opération bénéficie aujourd’hui d’une belle notoriété. Chaque année, du 1er mars au 31 mai, le grand public et les médias sont conviés à découvrir l’incroyable richesse écologique de ces milieux, situés entre terre et eau, que sont les mares, étangs, lagunes, prairies humides et marais.

Emblèmes fragiles de ces habitats en forte régression, ici comme ailleurs, les amphibiens subissent de nombreuses menaces et l’état de conservation pour certaines espèces est alarmante… À l’instar des amphibiens, l’Homme est lui aussi tributaire de la bonne santé des zones humides… D’où la nécessité d’informer, de prendre conscience et d’agir en faveur d’écosystèmes ayant un rôle essentiel dans l’équilibre de notre planète. C’est sur ce constat qu’est née l’opération Fréquence grenouille, promue à l’origine sur les ondes radiophoniques ce qui lui valut son nom. Pour cette 24e édition, 500 animations sont proposées à l’échelle nationale, dont près de 30 dans notre région des Hauts-de-France.

À quoi servent les zones humides ? (Infographie : L. Caron)

Les zones humides rendent de précieux services à l’Homme

Les zones humides agissent telle une « éponge « . Elles régulent en effet les échanges entre l’eau de surface et les nappes phréatiques, en absorbant les excédents d’eau en période de crue et en les restituant progressivement lors des périodes plus sèches. Les zones humides agissent également tel un « filtre dépolluant ». Grâce à leurs végétations, elles filtrent et épurent rivières et ruisseaux, participant ainsi à la préservation de la qualité de l’eau. Aussi, les zones humides sont le support de nombreux usages. L’agriculture y est bien souvent présente, qu’il s’agisse de fauche ou de pâturage, ces milieux favorisent ainsi le maintien d’activités paysannes. Enfin, les zones humides sont de formidables « réservoirs de biodiversité ». Elles abritent une grande diversité d’espèces, souvent rares ou menacées.

Les amphibiens, emblèmes de ces écosystèmes fragiles

Les amphibiens dépendent directement des zones humides, lieux privilégiés pour leur reproduction. Anoures et urodèles naissent dans l’eau avant de s’épanouir sur la terre ferme. Ils regagnent ensuite chaque année le plan d’eau qui les a vu naître afin de s’accoupler et donner naissance à leur progéniture. Pour autant, ces habitats ne cessent de voir leur superficie diminuer. En France, 10 000 hectares de zones humides disparaissent chaque année…

À l’échelle nationale, 2/3 des zones humides ont ainsi disparu depuis le milieu du XX e siècle ! Bien évidemment les activités humaines sont en cause, notamment l’urbanisation grandissante. La biodiversité des zones humides s’effondre sous nos yeux comme un château de cartes. La perte de ces habitats sous la poussée du « progrès » est telle, que des espèces autrefois communes sont aujourd’hui menacées.

Salamandre tachetée – Crédit photo : Thomas_Cheyrezy

Des espèces rares et menacées

Au-delà de la destruction de leurs habitats naturels, les amphibiens font face à d’autres dangers tout aussi grands. Les pesticides, produits chimiques utilisés en agriculture comme dans les jardins des particuliers, détruisent leur principale ressource alimentaire : les insectes. Ces produits contaminent également les amphibiens, causant ainsi leur destruction directe. La circulation routière n’est pas en reste. Le nombre des routes et des véhicules étant en constante augmentation, les amphibiens se font de plus en plus souvent écrasés lors de leur migration printanière, lorsqu’ils tentent de rejoindre les lieux de reproduction.

À l’heure actuelle, 35 espèces autochtones d’amphibiens sont encore présentes en France métropolitaine ; dont 17 espèces dans les Hauts-de-France. Parmi ces 35 espèces, 7 sont considérées comme menacées à l’échelle nationale contre 9 à l’échelle de notre région. Les listes rouges régionales en Hauts-de-France identifient ainsi 2 espèces menacées de plus qu’à l’échelle nationale : la Salamandre tachetée et le Pélodyte ponctué. Par ailleurs, notre territoire abrite une espèce emblématique qu’il convient de citer : la Grenouille des champs. En matière de préservation des amphibiens, les Conservatoires d’espaces naturels des Hauts-de-France ont donc un rôle important à jouer.

Protégeons les amphibiens !
Protégeons les amphibiens !

Une forte mobilisation autour des Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France

Au travers de Fréquence grenouille, les Conservatoires d’espaces naturels mobilisent de nombreux partenaires : associations, communes, communautés d’agglomération, établissements publics ; tous les acteurs de la protection de l’environnement sur notre territoire sont sollicités pour enrichir la programmation de l’opération. Les Conservatoires d’espaces naturels des Hauts-de-France mobilisent ainsi plus de 20 partenaires chaque année. Des outils pédagogiques spécialement conçus pour Fréquence grenouille, avec le soutien de la marque Rainett, sont envoyés aux organisateurs afin d’agrémenter leurs animations. Les Conservatoires d’espaces naturels des Hauts-de-France assurent la coordination de l’opération à l’échelle régionale tout en veillant à la promotion des événements proposés dans ce cadre. En 2017, 506 participants ont pris part aux animations Fréquence grenouille dans notre région, démontrant ainsi l’engouement du public pour ce grand rendez-vous.

Vous aussi, entrez en résonance avec Fréquence grenouille !

Les animateurs nature et les bénévoles mobilisés pour l’événement vous attendent toujours plus  nombreux cette année. Fortes de leur réussite, deux opérations phares de sauvegarde des amphibiens mises en place par nos associations célèbrent ainsi leur 10e édition : « Sauvons les garnoulles » à Ligny-sur-Canche (62) et le « Crapauduc » de Beuvardes (02). Avec près de 30 actions de sensibilisation proposées en 2018 à l’échelle régionale par les Conservatoires d’espaces naturels des Hauts-de-France et leurs partenaires, les occasions de vibrer à la Fréquence grenouille ne manquent pas. En journée ou à la tombée de la nuit, balades à la découverte d’une exceptionnelle biodiversité (faune et flore), ateliers pédagogiques et ludiques, aménagements de crapauducs, les activités s’offrant à vous sont multiples et variées. Muni d’une bonne paire de bottes, voire d’une lampe torche, chacun peut trouver à sa porte une animation qui lui correspond.

Pour connaître en détail la programmation 2018, rendez-vous sur nos sites internet à la rubrique agenda !

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