Espèces exotiques envahissantes : une stratégie pour agir à l’échelle des Hauts-de-France

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Qu’est-ce donc qu’une espèce exotique envahissante ?
Communément siglée EEE, une espèce exotique envahissante est une espèce introduite par l’homme hors de son aire de répartition naturelle et dont l’établissement, la reproduction et la propagation menacent les écosystèmes et la biodiversité indigène et causent des impacts écologiques, sanitaires et économiques négatifs. Une EEE peut appartenir à tous les taxons du vivant. Elle peut à ce titre être animale, végétale, fongique ou virucide.

Une stratégie régionale relative aux EEE
Depuis le début d’année 2021, une nouvelle stratégie est en cours d’élaboration dans les Hauts-de-France. Animée par le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France et pilotée par la DREAL Hauts-de-France, cette stratégie fait suite à la publication, en 2017, de son homologue national, la stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes.

Les espèces exotiques envahissantes, causes de la perte de biodiversité
Face aux dégâts générés par les EEE, considérée comme la 5ème cause de l’effondrement de la biodiversité, la définition d’un cadre commun national coulait de source. Si la déclinaison régionale de cette stratégie s’appuie sur la même structure et de grandes orientations identiques, elle a été conçue afin de répondre aux objectifs et enjeux régionaux. Élaboré conjointement par le Groupe d’expertise scientifique et technique et par les acteurs régionaux, le document a été construit afin de satisfaire aux besoins essentiels à la thématique. À ce jour composée de 11 objectifs et 62 actions, la stratégie s’intéresse à la prévention de l’introduction et de la propagation des EEE, à la gestion, communication et connaissance relatives à ces espèces ainsi qu’à la gouvernance régionale. Elle prend en compte et s’applique aux espèces animales et végétales, terrestres et aquatiques. Bien que leurs impacts ne soient pas des moindres, les espèces marines ne sont pas pour l’instant prises en compte. Leur intégration future fait cependant l’objet d’une action de la stratégie.

La stratégie, terreau de nouvelles dynamiques
L’élaboration de la stratégie régionale a été le terreau de la dynamisation de la thématique. Des collaborations et de nouveaux outils ont ainsi vu le jour en 2021. L’Université de Picardie Jules Verne (UPJV) et le Cerema Hauts-de-France en sont deux exemples probants. Une journée technique fut ainsi organisée en juin dernier avec l’UPJV, le Conseil départemental de la Somme et la DREAL Hauts-de-France afin de créer du lien entre les acteurs de la gestion et de la recherche. La collaboration avec le Cerema Hauts-de- France mènera quant à elle à la création d’un nouvel outil cartographique en 2022.

Phragmite aquatique : dix grammes voyageant de l’Europe de l’est à l’Afrique

Phragmite aquatique © L. ROUSSEAUX

Le Phragmite aquatique est un petit passereau qui niche dans les tourbières des pays de l’est européens. C’est actuellement l’espèce de passereau continental la plus menacée d’Europe. Une grande majorité de sa population traverse la France lors de sa migration, principalement via la façade atlantique, pour aller passer l’hiver en Afrique. La France a donc la responsabilité de lui fournir des zones de halte de qualité qui lui permettent de se nourrir et de se reposer.

Tous les ans, en août, les ornithologues de la région se mobilisent dans le cadre d’un Plan national d’Actions, pour la recherche de sites de halte migratoire et le suivi de l’espèce. L’objectif : identifier les trajets migratoires et les sites d’importance pour les haltes ainsi que le suivi des effectifs et la phénologie de passage de l’espèce.

Le Phragmite aquatique est une espèce très discrète qu’il est pratiquement impossible d’observer en dehors de la capture au filet. Cette méthode d’étude permet d’équiper chaque oiseau d’une bague unique. Cela permet alors de retracer leurs déplacements lorsqu’ils sont à nouveau capturés sur d’autres sites. Des mesures biométriques sont aussi réalisées, comme la taille de l’aile, l’adiposité (les réserves de graisses qui leur permet d’effectuer leur long voyage), la masse mais aussi leur âge. L’âge ratio (nombre de juvénile par rapport au nombre d’adultes) permet d’évaluer le succès de la reproduction.

Marais de Guînes (62) © L. ROUSSEAUX

Cet effort de capture s’inscrit à une échelle mondiale. Le marais de Guînes, géré par Eden 62, est le site de référence pour le suivi de l’espèce au niveau des Hauts-de-France. Cette année, comme chaque mois d’août depuis 2011, les bagueurs d’Eden 62 effectuent donc le baguage des individus de Phragmite aquatique interceptés sur le site. Le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France, animant au niveau régional le Plan National d’Actions en faveur du Phragmite aquatique, est allé leur rendre visite et a eu la chance de pouvoir observer de près cette petite boule de plumes.

Opération de baguage du Phragmite aquatique sur le Marais de Guînes (62) © L. ROUSSEAUX

D’autres acteurs de la préservation de la biodiversité en région Hauts-de-France sont impliqués dans ce programme, citons tout particulièrement Cap ornis baguage, co-animateur de cette déclinaison, le Parc naturel régional Caps et Marais d’Opale, le Parc naturel régional Scarpe-Escaut et Picardie Nature qui participent régulièrement à la recherche et au suivi de l’espèce en région.

Cet oiseau, qui ne pèse qu’une dizaine de grammes, reliera l’Europe de l’est à l’Afrique de l’ouest en seulement quelques jours avec très peu de pauses. Souhaitons leur bonne route !

Voici une comparaison entre le Phragmite aquatique (3 bandes sur la tête) et le Phragmite des joncs (deux bandes sur la tête).

Vous pouvez retrouver le suivi de la migration du Phragmite aquatique et toutes les informations sur l’espèce sur le site internet de Bretagne vivante : https://www.bretagne-vivante.org/France/Le-Plan-National-d-Actions-en-faveur-du-Phragmite-aquatique/Suivre-la-migration-du-Phragmite-en-France

Suivis hivernaux des populations de chauves-souris au sein de gîtes protégés : des effectifs très encourageants en ce début d’année 2021 !

Suivi hivernal des chauves-souris à Hornoy-le-Bourg © C. Lambert

L’hiver est la période propice pour assurer le suivi des populations de chauves-souris actuellement en hibernation dans les gîtes protégés à cet effet par le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France. Au cours des dernières semaines, les équipes en charge de l’étude et de la protection des chiroptères sont allés compter ces petits mammifères endormis au sein de plusieurs gîtes à chiroptères gérés par le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France. Continuer la lecture de Suivis hivernaux des populations de chauves-souris au sein de gîtes protégés : des effectifs très encourageants en ce début d’année 2021 !

De l’intérêt de conserver les ronces sur les sites gérés par le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France

Rubus ancistrophus © Jean-Louis Sogorb

Les ronces (genre Rubus) appartiennent à la famille des rosacées. Elles sont présentes dans presque tous les milieux ( calcaire, siliceux, argilo-marneux etc.). Nombre de nos concitoyens les considèrent comme de « mauvaises plantes » ! Il serait malvenu de leur donner raison. Continuer la lecture de De l’intérêt de conserver les ronces sur les sites gérés par le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France

Interview : Sylvain THIERY, Conservateur bénévole de sites naturels à Cambronne-lès-Clermont (Oise)

Tout au long de l’été, des bénévoles se sont mobilisés auprès du Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France pour proposer aux habitants de la région une opération inédite : « Rendez-vous en terrains connus« . Plus de 100 activités nature ont ainsi été proposées gratuitement au grand public en juillet et en août, dont 30 ont été animées par des Conservateurs bénévoles. Parmi eux, Sylvain THIERY, Conservateur bénévole à Cambronne-lès-Clermont, nous livre son témoignage au travers d’un entretien personnel.  Continuer la lecture de Interview : Sylvain THIERY, Conservateur bénévole de sites naturels à Cambronne-lès-Clermont (Oise)

Opération de baguage de cigogneaux sur la RNR des Prairies du val de Sambre

Le 5 juin dernier sur la Réserve naturelle régionale des Prairies du Val de Sambre à Maroilles, gérée par le Conservatoire d’espaces naturels en partenariat avec la Région Hauts-de-France, s’est déroulée une opération de baguage des cigogneaux nés au printemps sur le site.

Le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), via son expert Christophe HILDEBRAND, est intervenu en hâte en raison de l’envol imminent des jeunes ; ceci en partenariat avec Enedis pour la mise à disposition d’une nacelle.

Le Conservatoire d’espaces naturels remercie tous ces acteurs pour leur bénévolat. Deux cigogneaux en pleine santé ont ainsi reçu leur carte d’identité, avant de partir vivre leurs aventures en de nouvelles contrées.  Nous ne manquerons pas de suivre leurs parcours respectifs au fil des années… Continuer la lecture de Opération de baguage de cigogneaux sur la RNR des Prairies du val de Sambre

Lancement d’un indicateur d’évaluation des potentialités biologiques des mares à travers l’étude des coléoptères aquatiques : l’IcoCAM

Mare prospectée dans le cadre de l’étude IcoCAM © B. Hubert

L’évaluation de l’intérêt écologique des mares et de leur état de conservation sont des problématiques récurrentes auxquelles sont confrontées les gestionnaires. Ces évaluations se basent le plus souvent sur l’étude des amphibiens, des plantes ou des libellules. Bien qu’importants à considérer, ces groupes taxonomiques ne sont pas toujours les plus pertinents pour évaluer le bon état ou le bon potentiel écologique des mares. Les coléoptères aquatiques offrent quant à eux une diversité d’espèces particulièrement importante dans ces milieux et réunissent les principaux critères définissants les taxons indicateurs. Continuer la lecture de Lancement d’un indicateur d’évaluation des potentialités biologiques des mares à travers l’étude des coléoptères aquatiques : l’IcoCAM

Biodiversité : découvertes et observations remarquables en 2019 sur les sites gérés par le Conservatoire d’espaces naturels Nord Pas-de-Calais

Prospection sur le terain par des chargés d’études scientifiques © Conservatoire d’espaces naturels

Le suivi permanent de la biodiversité (faune, flore, habitats) et des paramètres abiotiques (qualité physico-chimique de l’eau, niveaux piézométriques…) est la condition nécessaire pour une réelle évaluation des mesures de protection et de gestion des habitats naturels.
En contribuant directement à l’amélioration de la connaissance du patrimoine naturel régional, le suivi scientifique des sites assure l’efficacité constante des interventions du Conservatoire d’espaces naturels Nord Pas-de-Calais sur le terrain et permet le développement des savoir-faire régionaux en matière de génie écologique et de conservation de la nature. Continuer la lecture de Biodiversité : découvertes et observations remarquables en 2019 sur les sites gérés par le Conservatoire d’espaces naturels Nord Pas-de-Calais

Comment se conçoit la stratégie patrimoniale des Conservatoires d’espaces naturels des Hauts-de-France ?

Tourbière alcaline de Marchiennes (59) © B. Gallet

Souhaitant adopter une stratégie « pro-active » sur la maîtrise foncière ou d’usage, les Conservatoires d’espaces naturels des Hauts-de-France ont mis en œuvre une méthode basée sur la détermination de « points-chauds de biodiversité » ou « zones d’irremplaçabilité ». Continuer la lecture de Comment se conçoit la stratégie patrimoniale des Conservatoires d’espaces naturels des Hauts-de-France ?